Paul Hastings revendique son ADN d’avocat d’affaires principalement dédié aux opérations transactionnelles mid-market

Paul Hastings

C’est en février 2012 qu’Olivier Deren est devenu Chair du bureau de Paris de Paul Hastings, à l’occasion de la transition managériale organisée par Dominique Borde. Une prise de fonction qui s’inscrit dans un parcours professionnel commencé en 1992 au sein du cabinet Moquet Borde & Associés, qui a intégré Paul Hastings en 2004. Associé depuis 2000, Olivier Deren a développé une expertise en corporate, tant à la faveur d’opérations de fusions-acquisitions que de private equity. A ce titre, il a piloté le département corporate du bureau parisien jusqu’au début 2012.

Q: Au moment du rapprochement du cabinet Moquet Borde & Associés avec Paul Hastings, d’aucuns émettaient des doutes sur cette stratégie. Quel regard portez-vous à ce sujet, un peu plus de dix ans après ?

R: Nous sommes aujourd’hui satisfaits du parcours accompli par l’équipe de notre bureau de Paris car nous avons bâti pas à pas une stratégie qui consistait à déployer sur le marché français un cabinet principalement dédié aux opérations de fusions-acquisitions et au private equity sur le segment du mid-market et de l’upper mid-market. Un peu plus de 10 ans après le rapprochement avec Paul Hastings, force est de constater que nous avons su préserver notre ADN, tout en étant partie intégrante d’un cabinet global bénéficiant d’une plateforme mondiale remarquablement dynamique. Qui plus est, l’évolution du marché depuis la fin des années 2000 et la crise financière qui est survenue nous ont confortés dans le positionnement qui est le nôtre, étant donné que nous avions développé une expertise et une clientèle qui est restée active dans les opérations de taille intermédiaire en private equity.

Q: Ce marché a récemment repris des couleurs. Cela influe-t-il sur votre stratégie ?

Olivier Deren
Olivier Deren

 

R: Il est vrai que les dernières années ont été plus porteuses, mais nous n’avons pas attendu ce « retournement de tendance » pour réfléchir à l’évolution de notre positionnement. C’est en effet en 2011 que nous nous sommes sensiblement renforcés en accueillant des équipes venues de chez Hogan Lovells et de chez Proskauer, en private equity, M & A complexe et contentieux. Cette étape, éminemment structurante, a très vite porté ses fruits car cela répondait à une attente. Nous avons ainsi atteint une taille critique pour être actif tant aux côtés des fonds d’investissement que, plus généralement, des professionnels du corporate finance. Nous avons le sentiment que la marque Paul Hastings, que nous avons immédiatement adoptée lors du rapprochement en 2004, se trouve aujourd’hui parfaitement identifiée et intégrée sur le marché français.

Q: Qu’en est-il désormais, au vu de l’évolution du marché ?

R: Au cours de l’année 2013 et dans le prolongement logique de nos actions de développement, nous avons constaté une évolution très nette de la taille des affaires sur lesquelles nos clients nous saisissaient. Ainsi, nous sommes notamment intervenus à l’occasion de l’OPA sur Bull menée par Atos, en 2014, mais aussi sur le rapprochement entre Nexter et KMW, bouclé fin 2015, sur l’OPA de SMABTP sur la Société de la Tour Eiffel ou régulièrement aux côtés d’Iliad, du fait des nombreux mouvements sur le marché des télécoms. Cela ne signifie pas que nous sommes enclins à délaisser le mid-market, bien au contraire ! En revanche, il nous faut probablement augmenter un peu le dimensionnement de nos équipes afin de continuer à répondre aux demandes de nos clients tout en leur garantissant toujours un lien étroit avec les associés chargés des dossiers. En parallèle, nous prévoyons de porter plus avant nos expertises sectorielles en M & A : après avoir accueilli Sylvain Bergès, qui est reconnu pour son expertise en droit public et, plus généralement, dans le secteur de l’énergie, nous réfléchissons à nous développer sur d’autres domaines spécifiques et dans le domaine du leveraged finance, compte tenu en particulier des renforcements récents intervenus dans cette pratique à nos bureaux de New York et de Londres.

Q: Faire partie d’un cabinet global guide-t-il vos choix stratégiques ?

R: Bien entendu. Paul Hastings est un cabinet intégré qui s’appuie sur les forces de chacun de ses bureaux dans le monde. Dans cette logique, à Paris, nous continuons à structurer deux axes forts : d’une part, continuer à combiner une activité transactionnelle avec une pratique contentieuse, et d’autre part, accroître encore notre visibilité sur les dossiers de M & A, de private equity et d’equity capital markets. Avec ces atouts en France et ceux de la plateforme globale de Paul Hastings, un peu plus de 10% du chiffre d’affaires du bureau de Paris proviennent de travaux générés par les autres bureaux du cabinet. Ce ratio n’est pas si éloigné de ce qui semble être la pratique des Big et nous entendons bien continuer à en tirer parti – que ce soit grâce au M & A transfrontalier ou en développant une pratique dans le domaine du leveraged finance aussi réputée qu’elle l’est dans nos bureaux anglo-saxons.