L’Australie est-elle le dernier Eldorado pour une expansion à l’international?

Sidney

Le co-vice-président de King & Wood Mallesons, Stephen Kon, a récemment caractérisé la période actuelle de siècle asiatique. Il est vrai que la proéminence croissante de ce continent dans l’économie mondiale a suscité l’intérêt de beaucoup de cabinets juridiques internationaux pour cette région. Ce qui les a conduit à y investir, et plus précisément dans le carrefour de l’Asie : l’Australie.

Durant les trois dernières années, plusieurs grandes fusions ont impliqué des sociétés australiennes – lesquelles permettaient d’établir une plate-forme dans la région Asie-Pacifique. King & Wood Mallesons a fusionné avec S.J. Berwin, en 2013, Ashurst avec Blake Dawson, la même année, Herbert Smith avec Freehills, en 2012, tandis que Linklaters avait précédemment signé une alliance avec Allens et que K&L Gates avait fusionné avec Middletons.

Il s’agissait là de fusions d’importance si nous considérons, à titre d’exemple, que Ashurst Australie représente de nos jours environ 45 % des revenus globaux du cabinet, ou que par sa fusion avec King & Wood Mallesons, S.J. Berwin s’est agrandi de 12 nouveaux bureaux et de 346 avocats. Selon notre analyse, la plupart de ces fusions semblent avoir payé, deux ans plus tard.

Ashurst survole les classements des conseils en banque-finance et en fusions-acquisitions, tant en nombre de transactions qu’en valeur. Le cabinet a conseillé Crown Resorts Limited pour l’émission de 400 millions de dollars de titres subordonnées ; il est aussi intervenu dans la vente des activités australasiennes de crédit à la consommation de GE Capital à KKR, Deutsche Bank et Varde Partners, pour 8,2 milliards de dollars australiens. De son côté, Herbert Smith Freehills a participé à l’acquisition par Wilmar and First Pacific de la société Goodman Fielder, ainsi qu’au refinancement de Whitehaven Coal Limited, pour 1,4 milliard de dollars australiens. K&L Gates, pour sa part, a conseillé TPG Telecom dans son projet de rachat d’iiNet, pour 1,4 milliard de dollars australiens, et King & Wood Mallesons – S.J. Berwin a été sollicité pour le spin-off du Garvan Institute of Medical Research, Solvanix.

Cependant, il convient de relever un fait intéressant : il y a un domaine d’intervention dans lequel aucune structure internationale n’est parvenue à s’immiscer dans les classements, à savoir les marchés de la dette. Celui-ci reste le terrain de jeu réservé de Minter Ellison et de HWL Ebsworth, qui ont bouclé respectivement la levée de fonds inédite de 500 millions de dollars US par la filiale australienne de Baosteel et l’offre de notes subordonnés sans garantie de 25 millions de dollars du Groupe Moneytech.

Sur les marchés de capitaux, en revanche, parmi les « récemment fusionnés » figurent Herbert Smith Freehills – intervenu sur les introductions en Bourse de Lovisa Holding, pour 210 millions de dollars américains, et sur celle de Touchcorp – mais aussi Ashurst, conseil de Mawson West pour une opération de 33,4 millions de dollars américains combinant financement en capitaux propres et restructuration de dette.

Si nous comparons la stratégie de fusion des cabinets d’avocats en Australie à ce qui est arrivé en Europe, il y a 15 ou 20 ans, il faut convenir que, cette fois-ci, la réussite a été tout à fait au rendez-vous et, qui plus est, de façon très rapide. Cependant, la comparaison s’arrête là car les conditions du marché sont complètement différentes. En effet, dans un délai court, ils sont parvenus à décrocher des mandats importants, qui se traduisent dès à présent dans les classements.